Péyi an nou

 



180x250 mm
208 pages
Broché
ISBN : 9782368461242
18 €

25/10/2017

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LA PRESSE EN PARLE


L'Humanité Dimanche

Peyi An Nou, une migration française. 

 

Pendant près de vingt ans, la France a encouragé la migration des habitants des DOM vers la métropole. 160 000 Domiens y sont venus, dans l'espoir d'une vie meilleure dans le cadre du Bumidom, un organisme de placement et de formation. La réalité n'a pas toujours correspondu aux attentes. Jessica Oublié l'explore à travers l'histoire de sa propre famille. 

 

Aujourd'hui encore, les département d'outre-mer constituent une entité étrange, une France en marge de l'Hexagone, à des milliers de kilomètrres du continent européen. En découlent des rapports ambigus, parfois tendus entre les ressortissants - et leurs descendants - de ces territoires et la métropole régie par un sentiment d'appartenance ambivalent, l'impression d'être à la fois dans et hors du champ national. Le déficit de représentation, l'impression d'être constamment renvoyés à des caricatures, une identité réduite à un exotisme aux relents néocoloniaux n'y sont sans doute pas étrangers. Pourtant, ces chapelets d'îles et ces territoires disséminés dans les Caraïbes et l'océan Indien sont officiellement sortis de la sphère coloniale en 1946. La Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et La Réunion accèdent alors au statut de départements, répondant à la revendication d'une égalité de traitement de tous les citoyens français. 

Reste que, en pratique, les misères économique et sociale perdurent. Au développement local, l'Etat préfère le déplacement de population. 

C'est en cherchant à écrire son histoire femiliale que Jessica Oublié, née à Paris d'une mère guadeloupéenne et d'un père martiniquais, découvre le Bumidom (Bureau pour le développement des migrations dans les départements d'outre-mer). Crée en 1963, il vise à réduire le surpeuplement ultramarin. En près de vingt ans, 160 000 Domiens ont ainsi rejoint la métropole pour pallier les manques d'effectifs dans les hôpitaux, les postes ou devenir emplpyés de maison des familles aisées. Avec la complicité de la dessinatrice Marie-Ange Rousseau, Jessica Oublié tisse un récit passionnant en forme d'enquête. Dans cette mise en abîme de sa quête intime, elle joue la fausse Candide. Les auteurs rencontrent en France et aux Antilles des chercheurs, des syndicalistes et ces migrants de l'intérieur qui, tous, racontent, à travers leurs bribes d'existence, leurs analyses et leurs souvenirs, une captivante histoire des relations entre la France et ses DOM. Tout en multipliant les points de vue et les approches graphiques (dessins, journaux, photos), Peyi An Nou (notre pays en créole) rennvoie à la complexité d'un lien néocolonial qui les irrigue encore. L'oeuvre met brillament en lumière un épisode méconnu, traumatisant, tabou, parfois honteux, rarement transmis au sein de familles qu'il a pourtant largement contribué à façonner. 

 

DBD

Une combine d'Etat

 

Connaître ses origines et le pourquoi du comment d'une migration est une question que beaucoup de filles et fils de personnes transplantées se posent un jour ou l'autre. C'est ce qu'a brillamment fait Jessica Oublié en reconstituant l'histoire de ses parents. Comment une mère née en Guadeloupe a finalement rencontré son Martiniquais de mari en banlieue parisienne ? Le hasard n'étant pas obligatoirement à la base des choses, c'est dans les archives que la jeune femme découvre le pot aux roses sous la forme d'une étrange institution bureaucratique dénommée Bumidom ou, moins hermétiquement : le Bureau pour le développement des migrations dans les départements d'outre-mer. Nous sommes en 1963 et l'Etat décide d'organiser l'émigration de 165 000 personnes des Dom-Tom pour des raisons économiques. Crée par Michel Debré, l'âme damnée du général, cet organisme a surtout permis à la population émigrée de trouver tout un assortissement de boulots mal payés dans des villes de banlieues sinistres tandis que des ressortissants nés dans l'Hexagone venaient prendre les meilleures places laissées libres dans les Dom-Tom. Moralité : Boula-Matari's not dead.  



 

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